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De la vie temporelle à la vie éternelle

 
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ASSAD


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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 13:17 (2007)    Sujet du message: De la vie temporelle à la vie éternelle Répondre en citant

Je mets ci dessous un texte que j'ai trouvé sur internet, de Nicolas Beaufils.

Comprendre l'idée de vie chez Maître Eckhart nécessite d'avoir à l'esprit le dualisme, ou plutôt la bipartition de la vie et de ses dérivés : le premier moment de la pensée d'Eckhart s'appuie sur la distinction radicale entre le créé et l'incréé, le temporel et l'éternel. Toute sa doctrine se fonde sur la séparation ontologique, celle de l' abaliété humaine et de l'aséité divine.  
Ce dualisme se résout dans un mouvement propre à l'âme qui est celui de la conversion, de la « percée en retour ». C'est pour cette raison que nous considérons davantage Eckhart comme un mystique que comme un philosophe ; c'est pour cette raison également que nous pensons que l'intellect, et par là l'intellectualisme supposé du maître, n'est pas le « pivot », le concept central et que son importance ne doit pas être surestimée, mais plutôt relativisée et ramenée à sa juste place. En effet, il n'y pas chez Eckhart de dialectique ou de mouvement de l'intellect capable de résoudre la dualité au fondement de sa pensée. Il s'agit plutôt de cette « percée en retour » de l'âme tout entière, non pas de l'intellect [1] . De même, il n'y a pas de véritable « contemplation » mais plutôt un mouvement de conversion de l'âme, c'est-à-dire de transformation et d'insertion :  
Ainsi advient-il : ce qui vient à Dieu, cela se trouve transformé ; si piètre que ce soit, le portons-nous à Dieu, il échappe à soi-même. De quoi vous avez une comparaison : si j'ai la sagesse, je ne la suis pas moi-même. Je peux acquérir la sagesse, je peux aussi la perdre. Mais ce qui est en Dieu est Dieu ; cela ne peut lui échapper. Cela se trouve insérer dans la nature divine, car nature divine est si puissante que ce qui s'y trouve mis s'y trouve pleinement inséré ou demeure pleinement au dehors. Or notez la merveille ! Puisque Dieu transforme dans soi chose si piètre, qu'imaginez-vous donc qu'il fera à l'âme qu'il a honorée de sa propre image [2]  ? [3]  
La transformation de l'âme en Dieu est l'essentiel de la doctrine d'Eckhart. Par là, c'est la vie humaine, en tant qu'elle s'est détachée du terrestre, qui se trouve portée vers le haut, élevée, c'est-à-dire transformée et insérée dans la vie divine. Afin de bien comprendre toutes les implications de cette doctrine, nous analyserons successivement les différents moments de la transformation de la vie temporelle en vie éternelle :  
    • Le détachement à l'égard du temps et de la création
    • Le détachement à l'égard des puissances de l'âme : volonté et intellect
    • Le détachement à l'égard de Dieu même
Le détachement est l'activité de la transformation de l'âme, à savoir la « percée en retour » qui s'effectue à travers les diverses strates de l'être, allant du plus grossier au plus subtil, du plus éloigné au plus proche, du plus étranger au plus intime, du plus extérieur au plus intérieur. L'homme retrouvant sa dignité, l'âme retrouvant sa noblesse, l'être retrouvant son origine signifient une même réalité, un même mouvement appliqué au trois niveaux éthique, métaphysique ou mystique, et ontologique. Nous avons donc trois discours, trois types de langage, trois vocabulaires pour un même mouvement : le détachement ou la « percée en retour » : le détachement à l'égard du monde créé, temporel se décrit dans le registre éthique ; le détachement à l'égard des puissances de l'âme dans le registre métaphysique ou mystique ; le détachement à l'égard de Dieu dans le registre ontologique. Ainsi l'âme s'avance du plus grossier, du plus éloigné et extérieur jusqu'au-delà de Dieu, de l'être [4] , et ne connaît son accomplissement que dans le repos de Dieu, l'origine ou essence de Dieu – à savoir la déité.  
Le premier moment consiste à s'arracher de l'emprise des puissances inférieures et du monde créé, temporel et à tourner les puissances supérieures vers Dieu. C'est le moment éthique du détachement. Il est à noter que Eckhart ne parle pas de monde sensible et de monde intelligible à la manière de platoniciens. Plutôt, il s'inscrit dans la tradition chrétienne en employant le vocabulaire de la création. Certes, il y a une distinction entre la matière et le spirituel mais le primat attribué au spirituel est loin d'être le dogme de l'intellectualisme platonicien. Il n'y a donc pas chez Eckhart un rejet du corps et du sensible, encore moins une promotion des mortifications, mais plutôt un détachement qui vise à dépasser le temps, monde créé soumis aux lois de la matière, de la génération et de la dégradation. Ainsi, au sermon 8 on peut lire :  
Tout ce que l'on pâtit dans ce monde et dans ce corps, cela a une fin. […] Nous devons considérer que toute cette vie est mortelle, que nous ne devons pas craindre toute peine et tous les labeurs qui nous reviennent, car cela a une fin. […] Que nous nous tenions comme si nous étions morts, que ne nous touche ni joie ni souffrance.  
Ainsi, l'homme peut retrouver sa dignité car, alors, il n'est plus soumis à sa partie inférieure.  
Le deuxième moment de la percée en retour consiste à dépasser les puissances supérieures de l'âme. Les puissances inférieures qui nous retenaient prisonnier du monde créé étant désormais détachées, libérées, il s'agit à présent de rejeter cela même qui avait aider l'âme au premier moment de son retour à s'élever au-delà du monde crée. En effet, pour se détacher du créé, Maître Eckart préconise de tourner la volonté et l'intellect vers Dieu, mais à présent, ces puissances sont devenues à leur tour une entrave à la percée en retour car l'âme y est encore attachée. C'est ici le moment métaphysique ou mystique du détachement. Par là Maître Eckhart entend libérer l'âme de tous ses modes. Car viser Dieu selon l'intellect ou selon la volonté c'est encore viser Dieu selon un mode. Bien que l'intellect soit considéré par Eckhart comme supérieur à la volonté car il prend Dieu tel qu'il est, en son être, et non pas « sous son vêtement » de Bonté, il s'agit toutefois encore d'un mode, c'est-à-dire d'une activité, d'un mouvement de l'âme et donc, d'un attachement à la puissance. Si la volonté s'attache plus à la bonté de Dieu qu'à Dieu lui-même, là où l'intellect ne prend que Dieu seul, en tant qu'il est Dieu, et non pas bon ou juste ou puissant, etc., il s'agit malgré tout d'un attachement à la puissance, d'un mode particulier de la relation. L'âme doit donc se dépouiller de toutes ses puissances afin de poursuivre sa percée en retour. A ce stade où c'est l'intellect qui contemple Dieu, on peut parler d'un intellectualisme eckhartien , mais il ne s'agit pas là de l'aboutissement de sa doctrine. De même, on pourrait également parler de ontologisme de sa pensée, car si c'est l'intellect qui prime sur la volonté, du côté de l'âme, c'est aussi, parallèlement, l'Etre qui prime sur la Bonté ou tout autre attribut, du côté de Dieu.  Lors de ce deuxième moment du détachement c'est donc l'âme en tant que telle qui va se tourner vers Dieu, c'est toute la vie humaine – détachée de l'extérieur et de l'intérieur, à savoir du monde créé, des puissances inférieures, et des puissances supérieures – qui s'élance vers son origine incréée. L'âme se libère ainsi de ses puissances qui constituent le dernier écran et Dieu s'épanche pleinement en elle. A ce stade, le détachement s'associe à la pauvreté et à l'humilité. Si le moment éthique était celui du détachement à l'égard de l'extérieur, le moment métaphysique est celui du détachement à l'égard de l'intérieur. L'homme digne qui s'est libéré du monde créé et qui ne vit plus que par ses puissances supérieures peut, maintenant se libérer de lui-même, de ses puissances qui le lient encore, qui le déterminent encore, et ainsi retrouver sa noblesse, son origine divine. Là où le premier moment était une purification des puissances à l'égard du monde créé, le deuxième est une purification de l'âme à l'égard de ces mêmes puissances. Ainsi gagne-t-on en subtilité, en profondeur, en intimité. D'être éthique et digne, l'homme devient un être métaphysique et noble. Par là, l'âme reconnaît son ascendance divine, sa parenté avec l'être éternel. C'est donc l'âme elle-même (pure, nue, limpide, simple) qui fait sa percée en retour par-delà l'écran des puissances supérieures que sont l'intellect et la volonté. C'est donc l'âme dans sa vie propre et non pas selon une de ses puissances, selon un de ses modes, qui reflux vers son principe éternel [5] .  
Le troisième moment consiste à dépasser Dieu même ou l'âme elle-même. En renonçant à elle-même, l'âme dépasse également Dieu et plonge ses racines dans la déité ; c'est là l'accomplissement de sa percée en retour. Ce moment ontologique consiste à s'unir à la déité. C'est là l'aboutissement de la percée en retour, l'accomplissement de l'âme dans la déité. La vie de l'âme et la vie de Dieu ne font plus qu'une vie, ou plutôt ne sont qu'une seule vie : la déité. Dans le langage ontologique de Maître Eckhart, le terme de vie est remplacé par celui d'être. Si nous avons choisis de parler de la vie et non pas de l'être c'est parce que Eckhart lui-même emplois tout un vocabulaire qui s'accorde mal avec la notion d'être alors qu'il s'applique parfaitement à celle de vie [6] . Si pour le philosophe Eckhart : « l'être est Dieu », pour le chrétien Eckhart : Dieu est vivant. Ce moment ontologique correspond au repos de l'âme, qui est également celui de Dieu. Toutes activités, volontés, pensées de Dieu sont identiques à celles de l'âme par le fait qu'ils puisent tous deux leur être à la même source, qu'ils logent tous deux dans la même inhabitation : la déité. Là où l'âme pouvait encore s'attacher à Dieu en tant qu'être et ainsi s'inféoder, non plus au monde créé, non plus à ses puissances, mais à elle-même en tant qu'elle tient son être de Dieu, par ce dernier moment, l'âme se libère de son être pour vivre avec l'être de Dieu, et donc par sa partie incréée. Ainsi tout se trouve transformé en Dieu : le temps devient l'éternité, l'intellect et la volonté de l'âme deviennent ceux de Dieu et, finalement l'être abaliétif devient «  aséiforme  ». C'est donc toute la vie – dans ses aspects temporel, relationnel et essentiel – qui se trouve transformée, élevée et insérée dans celle de Dieu – à savoir la déité. On peut alors dire, qu'au terme du cheminement de l'âme à travers les strates successives de la réalité ontologique, l'âme se trouve déiformée . Ce n'est que dans ce repos éternel de la déité que l'âme goûte véritablement et essentiellement à la liberté, qui est la liberté même de Dieu, car, alors, elle est libre du monde extérieur, créé, de ses propres puissances, et d'elle-même. Et, finalement, l'âme est libre de Dieu dans le sens où Dieu semble contraindre par sa justice et asservir par son joug les hommes qui sont encore séparés de l'être divin et opposés à la volonté divine car ils vivent dans monde créé, par leurs puissances inférieures, en usant de leur volonté propre, de leur lumière naturelle, et surtout ils vivent comme s'ils tenaient leur être d'eux-mêmes – ce qui est l'apanage de Dieu seul. Tout cela concourt à ce que l'homme soit asservi par Dieu alors même que l'homme détaché de Dieu connaît la liberté suprême que l'âme puisse atteindre.  
Ces trois moments que nous avons distingué dans la « percée en retour » ne sont que des moments analytiques car sur le plan ontologique, il n'y a qu'un seul et même mouvement : celui du détachement. Qu'il s'agisse du monde extérieur, des puissances supérieures ou de l'âme elle-même, c'est toujours le détachement, la libération qui est le mouvement propre de l'âme. Ce mouvement culmine dans un ultime retournement par lequel l'âme se détache d'elle-même, se dépouille de son être-créé . Dès lors, c'est par l'être de Dieu que l'âme vit, c'est en tant que Dieu qu'elle continue d'être âme. Ce renoncement à soi-même, à son être-créé correspond à la dernière activité, à l'ultime opération de l'âme ; car, une fois dépouillée de son être-créé , l'âme vit par l' être-incréé , à savoir l'être de Dieu, la déité : c'est donc Dieu qui agit, opère et, d'une manière générale, vit dans l'âme et travers elle. L'âme devient le réceptacle de Dieu car elle s'est complètement purifiée, vidée de l'être le plus grossier jusqu'à l'être le plus subtil (à savoir l'âme elle-même). L'âme devient ainsi la manifestation de Dieu ; elle est elle-même une théophanie.  
Nicolas Beaufils  

 
[1] Ainsi Eckhart dit au sermon 38 : « Pour que Dieu naisse dans l'âme et que toute l'âme naisse en Dieu. »  
[2] Toute la promesse faite à l'homme est ici contenue dans le rappel de ce type d'identité par l' image de Dieu en laquelle il est constitué foncièrement. Tel est l'essentiel de la doctrine eckhartienne.  
[3] Sermon 3.  
[4] «  l'être est Dieu », première thèse d'Eckhart en son œuvre latine.  
[5] C'est là tout le sens du sans pourquoi qui engage tout l'être, l'âme entière. Car, en effet, le « sans pourquoi » ne s'applique qu'à la vie, à l'âme et non pas à une faculté : ce n'est pas l'intellect qui contemple sans pourquoi mais l'âme qui se meut, qui vit sans pourquoi. La vie de l'âme étant ainsi complètement désintéressée, toute activité – que ce soit la contemplation de l'intellect ou l'amour de la volonté – est dès lors également sans pourquoi.  
[6] Ainsi Eckhart développe un registre assez large de termes qui s'apparentent à la notion de vie : l'engendrement, la naissance, le flux, l'origine, l'influx, l' ebullitio , le bond, le jaillissement, le commencement, le don, l'effusion, l'enfantement, la fécondité, la racine, la moelle, le noyau, la veine, la nouveauté

PS: j'ai posté le 100 ème message, qu'ai-je gagné ?
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1 Cor 2: 15. Celui du souffle investigue tout; mais lui, personne ne l’investigue.


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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 13:17 (2007)    Sujet du message: Publicité

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Ami


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Inscrit le: 29 Sep 2007
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MessagePosté le: Sam 8 Déc - 07:31 (2007)    Sujet du message: De la vie temporelle à la vie éternelle Répondre en citant


Citation
PS: j'ai posté le 100 ème message, qu'ai-je gagné ?


Un grand respect , accompagné de beaucoup d'amour fraternel.

Excellent article , ou le mystique se retrouve.Ce renoncement à soi-même , se fait naturellement sans privation . Une fois cette ligne dépassé , notre vision spirituelle bascule dans un nouveau domaine de compréhension spirituelle.

Merci.


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Psaumes 119:63,64
Moi, l'associé de tous ceux qui frémissent de toi, des gardiens de tes préceptes.
Ton chérissement, Adonaï-IHVH, remplit la terre ; apprends-moi tes lois.


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